Le concept

Bien avant que les premières AMAP n’apparaissent en France, des expériences de cultures alternatives de types divers ont été observées en France et aussi à l’etranger.

– années 1950 : naissance du mouvement des CIVAM (Centres d’Initia-tives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural)

– 1964 : création de Nature & Progrès et des premiers Groupements d’Agriculteurs Biologiques (GAB)

– 1991 : 1er règlement européen CEE 2092/91 qui définit l’agriculture biologique par un cahier des charges

– 1999 : Rédaction de la Charte de l’Agriculture Paysanne par la FA-DEAR (Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi et de l’Activité en milieu Rural)
– dans les années 60-70, développement des Teikei au Japon,(ce mot signifie « engagement de collaboration »)

– dans les années 80, développement des CSA (= Community Sup-ported Agriculture) aux Etats-Uniset au Canada.

En France, les jardins de Cocagne (depuis 1991) sont axés sur l’insertion par l’activité économique et fournissent des paniers de légumes biologiques à des groupes de consommateurs.

Des organisations agricoles, comme l’agriculture paysanne (1996), l’agriculture biologique (1930), l’agriculture durable (1978), la promotion des circuits courts et de la vente directe fontionnent depuis plus de 20 ans.

Le developpement de la consommation responsable comme des mouvements d’éducation populaire, des groupes de consommateurs, des mouvements de l’économie solidaire font la promotion de la consommation responsable et notamment du commerce équitable

 

Les AMAP sont apparues pour répondre à divers enjeux de société.

1. INSÉCURITÉ et HYGIENE ALIMENTAIRE

Au travers de la crise de la vache folle, qui a créé un climat d’insécurité alimentaire, les consommateurs sont devenus soucieux de leur alimentation et ont pris conscience que la qualité des aliments a un impact direct sur leur santé. La sécurité sanitaire des aliments devient une expression normalisée qui renvoie à la réglementation et au contrôle des filières agroalimentaires. Elle a pour but de garantir l’hygiène et à l’innocuité des aliments « de la fourche à la fourchette ». Elle vise notamment à éviter les intoxications alimentaires ainsi qu’à permettre, via des dispositifs de tracabilité des produits, de retirer des étals les produits contaminés. Le consommateur veut être informé et rassuré.

A noter également, les campagnes de prévention et de sensibilisation sur l’hygiène alimentaire telles que « 5 fruits et légumes par jour », « manger, bouger »,  on prend conscience  que l’équilibre alimentaire aide à être en bonne sante.

 

2. AGRICULTURE PAYSANNE EN DANGER

De nombreux agriculteurs voient leurs exploitations disparaître ou menacées par les méfaits de l’agriculture intensive et de la politique agricole de la France et de l’Europe. L’agriculture de proximité laisse place à une agriculture délocalisée. Les grosses exploitations ne laissent pas de place aux plus petites. Elles sont asphyxiés par la sécheresse, les coûts, les contraintes notamment imposées par Bruxelles, les directives européennes, la concurrence impitoyable, et comme pour nos PME face aux multinationales, seules sont aidées les plus grosses entreprises !

De cette manière on met en danger la biodiversité et la santé humaine, tout en polluant les sols.

 

3. PRESSION FONCIÈRE ÉNORME dans les zones péri-urbaines

En Ile-de-France, 80% de la superficie est rurale dont 50% de terres agricoles ; cependant 90% de ces terres agricoles sont consacrés aux cultures céréalières sans lien direct avec les habitants du territoire.

Les grands exploitants tiennent les rênes des instances politiques et syndicales, des chambres d’agriculture.

Ils rejettent souvent l’installation de néo-ruraux et sont réticents vis-à-vis de l’agriculture biologique.

Les prix de l’hectare en terrain agricole vont de 4 à 10 000 € ; et de 100 à 150 000 € en terrain constructible.

Du fait de ces différences considérables dans les prix, les zones agricoles disparaissent au profit des zones constructibles

 

4. HÉGÉMONIE DE LA GRANDE DISTRIBUTION

Elle induit une grosse pression économique sur les exploitations agricoles en rognant sur leur marge et sur la qualité des produits. Elle impose sa loi sur les prix, à la fois aux producteurs et aux consommateurs.

De plus, elle ne propose que des produits » standardisés », de qualité médiocre et  sans qualité gustative.

 

5. INÉGALITÉ ALIMENTAIRE NORD-SUD

La mondialisation, et notamment l’Organisation Mondiale du Commerce et la Politique Agricole Commune, ont contribué à accroître l’inégalité entre pays du Nord et Pays du Sud dans l’accès aux ressources alimentaires.

 

6. DEVELOPPEMENT DURABLE

Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux aspects écologiques, sociaux et économiques. On sait, que si on veut, il est possible de conjuguer ces trois enjeux. C’est l’emergeance d’une nouvelle démarche : « agir local, penser global ». On pense qu’il est possible de mieux gérer les ressources . Il devient necessaire de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l’ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l’environnement, par la restauration, l’aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion durable de l’utilisation des populations animales et végétales exploitées.

Cette préservation de l’environnement doit être accompagnée de la « satisfaction des besoins essentiels en ce qui concerne l’emploi, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la salubrité ».

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